Vous vous êtes peut-être déjà demandé ce qui fait que certaines sociétés vivent constamment des tensions et des conflits internes pouvant aller jusqu’à la guerre civile. Peut-être avez-vous déjà entendu certains intellectuels mentionner que ces sociétés manquaient de « cohésion sociale ». À titre d’exemple, nous pourrions nous demander ce qui à amener les Patriotes de 1836 à se soulever et à se rebeller. De manière plus générale, qu’est-ce qui amène un groupe de citoyens à remettre en question la société dans laquelle ils vivent?
Au premier abord, le terme de « cohésion sociale » peut sembler flou et rébarbatif. Il est cependant intéressant de s’y attarder lorsque l’on désire comprendre les éléments qui influencent le développement d’une société ou encore, dans le sens inverse, sa destruction.
La cohésion sociale peut être définie comme étant représentative du degré d’unité au sein d’une société. Imagée, nous pourrions dire que la cohésion sociale correspond à une sorte de colle qui permet d’unir les individus qui la compose et de lui apporter une certaine stabilité.
Pour que la cohésion sociale soit suffisamment forte pour unir un groupe d’individus, il est nécessaire que ceux-ci partagent un grand nombre de valeurs, tant au niveau économique, social que politique.
Une cohésion sociale forte permet donc de dresser des consensus, que ceux-ci soient formels ou informels, et d’orienter nos actions. Donc, par le fait même d’orienter nos choix collectifs et le développement de notre société.
Il est cependant impossible qu’une société soit complètement unie et que tous ces citoyens qui la composent aient les mêmes valeurs et la même conception de la gestion de notre vie collective. Dans nos sociétés occidentales, les institutions démocratiques ont comme fonction de favoriser les échanges et les débats publics. Ils contribuent ainsi au maintien de la cohésion sociale.
Nos institutions démocratiques sont des arènes qui permettent de confronter nos valeurs afin de susciter des consensus, de trouver des solutions aux changements auxquels nous devons faire face, et d’orienter nos actions pour que celles-ci soient cohérentes avec l’intérêt public et les valeurs partagées par l’ensemble des citoyens.
La cohésion sociale devient donc un élément important à prendre en considération lorsque l’on désire intervenir en développement régional.
À cet égard, le rôle des conférences régionales des élus (CRÉ) est significatif. Les CRÉ sont des lieux d’échanges, de confrontation et de régulation qui doivent susciter l’émergence de valeurs et de visions communes. Valeurs et visions, qui par la suite influenceront les décisions et les actions de nos décideurs et gestionnaires des affaires publiques.
C’est donc lorsque les valeurs qui guident notre vivre ensemble ne reçoivent plus l’adhésion d’une large part des citoyens, lorsque ceux-ci ne se reconnaissent plus dans ces valeurs ou se sentent lésés, que naît le cynisme envers nos institutions démocratiques et envers nos élus. C’est aussi dans ce contexte que ces citoyens remettent en question la société dans laquelle ils vivent et par le fait même les décisions prises par ces élus.
|